Notre avion atterrit à Amman, capitale de la Jordanie. Mais nous n'avons qu'une idée en tête, traverser l'étroite bande de terre qui nous sépare de Jérusalem, ville unique dans un contexte spirituel, et par ses caractéristiques actuelles d'entente cordiale entre les peuples. Comment les gens vivent-ils là-bas, les pressions religieuses sont-elles si exacerbées que la propagande de TF1 veut bien nous le faire croire ? Nous nous aventurons donc à passer cette frontière, gardée exclusivement par des jeunes filles en service militaire (de quoi atténuer bien des tensions quand une Lara Croft superbe vous demande de bien vouloir ouvrir vos bagages...), qui tentent de rester professionnelles mais qui ne peuvent s'empêcher de regarder tous les tampons de nos passeports, d'en discuter avec leurs copines qui viennent voir à quoi nous ressemblons. De quoi donner le sourire...

Et puis après 3/4 d'heure de bus, la coupole dorée d'Al-Aqsa émerge, les fameuses vues de Jérusalem se dessinent sous nos yeux, au milieu de quelques contrôles militaires, par des hommes en armes cette fois. C'est parti pour une semaine à part, ou nous rendant tour à tour hommage à l'Islam avec la mosquée Al-Aqsa, à la Chrétienté avec le Saint-Sépulcre, ou encore au Judaïsme avec le Mur Occidental (anciennement Mur des Lamentations). Dans son prolongement existe une bibliothèque creusée dans la pierre et ornée de verre et de tapis rouges. De nuit, dans cette atmosphère si particulière où les psalmodies des prières se mêlent au bruissement des pages non moins sacrées, je me sens dans un ailleurs où la religion domine sans partage, où son omnipotence engendre chez moi quelques frissons... Le lendemain j'ai donné rendez-vous à une Hadass, une jeune Israëlienne rencontrée en Inde, dont j'avais également rencontré le frère en Argentine 6 mois auparavant. Par coïncidence. Elle se propose de m'héberger dans la superbe maison de son père, et me voici à partager le repas du Sabbat, en tenue religieuse juive, dans une ambiance chaleureuse. Quelques jours à profiter d'un chez-soi, sans être réveillé par les couche-tard et les lève-tôt, sans devoir faire attention constamment à ses affaires...

Nous avons également la chance d'être en Israël lors de la fête de Pourim, qui commémore le moment où les Juifs ont déjoué le complot d'un vizir, en Perse, qui visait à les exterminer. D'après notre hôte, les Juifs ont dû se déguiser pour passer inaperçu, à moins que ce ne soit le roi de Perse qui ait demandé à tous ses sujets de se déguiser, pour ne plus pouvoir reconnaître les Juifs et ainsi les sauver. Ce n'est pas très clair historiquement, mais plus prosaïquement, tout le monde à cette occasion revêt un costume et envahit les rues de la ville. Nous partons le lundi soir pour Tel-Aviv, où une fête privée nous attend, sur le toit d'un immeuble. Au-dessus de nos têtes, un hélicoptère militaire effectue sa ronde avec son projecteur, éclairant de sa cruelle réalité les joies naïves d'un peuple costumé. Nous sommes bien en Israël...

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