Si le monde m'était conté...

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dimanche 25 octobre 2009

Visualisation du livre sur mon site

Pour ceux qui auraient des soucis de visualisation de mon livre sur Blurb.com, je l'ai numérisé autrement. Pour éviter des temps de chargement trop longs, je l'ai divisé en chapitres. Il se peut qu'il faille tout de même un peu de temps pour précharger chaque chapitre. Pour tourner les pages, il suffit soit de cliquer en haut à droite de chaque page, soit de draguer la page comme avec un vrai livre.

For those who didn't have the chance to see my book on Blurb, i've put it online in a different way. I've split it into chapters so to avoid excess waiting time. Leave some time still for each chapter to preload, especially if your connection is quite slow (if you live in South Africa for instance...) You can turn pages like in a real book, clicking or dragging the page from the top-right hand corner on each page.

Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9

VOTER

Et surtout n'oubliez pas d'aller voter, c'est jusqu'au 9 novembre...!!
And pleeeeeeeaaaaaaaaaase, don't forget to vote (if you have more than 1 email address, you can use the other ones...)

samedi 24 octobre 2009

Un petit diaporama de quelques photos-clés du voyage...

vendredi 23 octobre 2009

Le livre, enfin !!

Voilà, cela fait maintenant 7 mois que je suis rentré et le livre pointe enfin le bout de son nez.

Il est consultable à l'adresse suivante : Round the World

Si vous appréciez ces quelques pages, n'hésitez pas à voter pour ce livre jusqu'au 9 novembre.


dimanche 5 juillet 2009

Le retour, 3 mois plus tard...

De l’autre côté de la vitre la Tour Eiffel célèbre l’heure pile en scintillant pendant quelques minutes. La Tour Eiffel. Paris. Le Temps. Quelques notions qui avaient disparu de mes pensées pendant ces derniers 18 mois. En bas de la fenêtre j’aperçois quelques TShirts sur le sol, en vrac, au milieu des livres. Beaucoup de livres. Comme si le désir d’évasion s’était concentré vers l’intérieur, offrant une béquille au déséquilibre maintenant évident de cette société. Cela fait trois mois que je suis rentré. Heureux. Heureux d’avoir vécu tant d’expériences hors du commun pendant tout ce temps. Heureux d’avoir évolué, changé de perspective sur la vie. Rien que ça. Heureux aussi de rentrer, de revoir Paris et ses habitants. De renouer avec des relations humaines qui ont elles aussi épousé les contours de ce voyage en adoptant les échanges virtuels. De pouvoir profiter de chaque miette de la gastronomie française qui a tant fait défaut quand la recherche de nourriture s’est trop longtemps accommodée d’une quête vitale et non gustative. De ne plus surveiller ces affaires qui jonchent le sol d’un endroit qui n’est habité que par moi.

Et maintenant ?

Le front contre la vitre, au sixième étage d’un appartement parisien, ces mots se dessinent sur les toits qui me font face. Comment se réinsérer dans une société qui se dit en crise ? Qui se gaussait des exploits de Rémy Gaillard et de Michaël Vendetta pendant que je tentais de comprendre qui est l’homme primordial en moi. Qui pousse les usagers du métro à s’isoler avec leurs énormes casques audio quand chaque jour je discutais avec des cultures différentes. Le métro. Cet endroit où les gens ne sourient ni aux autres, ni à la vie, ni à eux-mêmes. Où les gens courent, la serviette d’un côté, la cravate de l’autre pour rattraper ces 2 minutes qui les freineront sûrement dans leur épanouissement personnel. De chaque côté du couloir qui mène aux escaliers, les fenêtres sont ouvertes sur un monde de consommation, où les valeurs phares sont le sexe et le divertissement. Ensemble. Séparément. Pour promouvoir une course hippique, une femme nue. Logique. Efficace. Et pour vendre des maillots de bain alors ? Une femme nue aussi, le maillot au bout du pied. Il vous va si bien comme ça mademoiselle. Si vous pouviez en plus vous offrir des grosses lunettes ainsi que des espadrilles lacées sur le dessus, alors vous seriez reconnue par le monde. Comment ça, tu n’avais pas remarqué ce phénomène ? Je crois que je n’ai plus le même prisme de perception. En revanche, j’ai bien vu qu’un nouvel invité avait sa place à table, au restaurant. L’Iphone. Sur la nappe, il ne reste pas très sage pendant le repas. Il faut dire qu’il fait tout l’Iphone. Y compris permettre une déconnexion complète avec soi-même. C’est peut-être pour ça qu’on le place à côté de l’assiette. Pour des gens qui ne sont pas dedans. Il est faux de dire que rien n’a bougé pendant une absence relativement longue. Malheureusement. La publicité s’est adaptée et met l’accent sur le paiement échelonné puisque l’on est en temps de crise. Le site ventes-privées propose maintenant quasiment vingt ventes en simultané et quand je me suis connecté j’avais suivi le mouvement de plus de 65,000 de mes compatriotes. Business florissant. La consommation assure son règne sans partage.

Le phare de la Tour Eiffel, lui, ne montre aucune direction, il est giratoire. Il fait figure d’exception à tourner rond, balayant sa lumière sur cette société aveugle. Il y a pourtant quelques signes d’espoir. Lyon n’est plus champion, Nadal n’a pas remporté Roland-Garros. Cela voudrait dire que tout n’est pas systématique, que des changements peuvent intervenir. Aux législatives, les écolos ont emporté une victoire importante. Ce n’est qu’un début, mais c’est un signe encourageant. J’ai même dernièrement pu discuter avec mes voisins de table dans un restaurant parisien, la chaîne humaine n’est donc pas encore totalement rompue. A la CAF, l’humain devient la règle. Sur l’écran de contrôle, après un carillon agréable, s’affiche non pas le numéro d’attente, mais votre nom. Histoire de nous montrer que nous ne sommes pas des matricules, mais bien des êtres humains, avec leurs problèmes financiers. Les noms défilent, les uns après les autres, et j’essaie de voir s’ils sont adaptés à leur porteur physique. Malheureusement la plupart d’entre eux me sont totalement inconnus. Une dame se lève, sous les regards indifférents de ces français issus de l’immigration. Sur la petite télé au-dessus de nos têtes, son nom. Double particule. C’est ça l’égalité.

Je suis rentré sûr de mes atouts, de mes capacités à m’adapter à n’importe quelle situation, selon le métier ou tout du moins la voie que j’aurais choisie. J’avais l’intuition qu’elle serait difficile à déterminer, qu’il faudrait écarter quelques buissons pour repérer la petite pyramide de cailloux au bord du chemin. J’ai maintenant plutôt le sentiment que je ne cherche pas au bon endroit ou que je cherche quelque chose qui n’existe pas. Comme si je demandais au boulanger deux côtes de porc et un filet mignon bien tendre. Il ferait une drôle de tête. Si la société avait un visage, elle aurait le même regard. Il me reste pour l’instant les livres, et les discussions avec quelques amis qui partagent ces sentiments. Je m’interroge sur l’homme, sur qui nous sommes si nous réussissons à ôter toutes les couches dont la société, l’éducation, la bienséance, notre entourage a bien voulu nous revêtir. Pour avancer dans cette quête de l’être primordial, je tape cette expression sur Google. Le 1er résultat est le suivant « La situation d’un homme semble être primordial pour une femme ». Eclats de rire. L’antithèse de ce que je cherchais, Google ayant simplement interprété mon substantif pour un verbe, alimentant du même coup le cercle qui l’a créé. Tant que l’humour est là notre société aura une chance… et moi aussi…

Pour conclure, un petit texte du Dalaï-Lama ramené de McLeod Ganj’, en Inde, son lieu de résidence en exil.

The Paradox of Our Age

"We have bigger houses but smaller families;
more conveniences, but less time;
We have more degrees, but less sense;
more knowledge, but less judgement;
more experts, but more problems;
more medicines, but less healthiness;
We’ve been all the way to the moon and back,
but have trouble crossing the street to meet the new neighbour.
We built more computers to hold more information to produce more copies than ever,
but have less communication;
We have become long on quantity,
but short on quality.
These are times of fast foods but slow digestion;
tall man but short character;
steep profits but shallow relationships.
It’s a time when there is much in the window, but nothing in the room."

H. H. The XIV Dalai Lama

jeudi 26 mars 2009

La fin...? Ou ne serait-ce pas plutôt le véritable commencement de tout ?

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Après avoir traversé tout plein de pays, parcouru beaucoup beaucoup de kilomètres, rencontré des taaaaaaaaaaaaas de gens, connu des températures très froides et d'autres où on avait vraiment beaucoup trop chaud, être tombé malade mais pas vraiment en fait, avoir goûté à des plats qui avaient une drôle de couleur et puis certainement d'autres chose hyper intéressantes, ce que je retiens ce sont surtout des expériences.

J'ai été pourchassé par des babouins au Cambodge, je me suis évanoui sous l'effet d'un psychotrope dans la jungle d'un chaman en Equateur, j'ai joué des percussions sous les étoiles en Afrique du Sud, j'ai pris un verre avec un Allemand dont la jambe a été mutilée par un requin dans une petite île des Philippines, j'ai discuté de Dieu avec un ange évangéliste dans une cabane au sommet d'un arbre à Hogsback, j'ai foulé les neiges éternelles de l'Antarctique, j'ai reçu une écharpe blanche des mains d'un Tibétain dans un bar de Lhassa, j'ai accompagné le requin-baleine dans sa danse sous-marine en Australie, j'ai été invité à un mariage traditionnel en Inde, je me suis échappé d'un monastère zen bouddhiste au Japon, je suis allé voir le dernier James Bond dans un cinéma de Rangoon, j'ai pêché des piranhas dans l'Amazone, j'ai reçu les enseignements de vie d'un vieil homme qui traduisait la bible en Quechua au Pérou, j'ai vu tout le bonheur du monde dans les yeux d'un petit Indien à qui j'ai donné une Tour Eiffel miniature, j'ai assisté au spectacle de fin d'année de l'école de l'île de Pâques, j'ai dégusté la meilleure viande du monde en Argentine, j'ai battu des Brésiliens au football sur la plage de Florianopolis, j'ai appris la méditation et la philosophie bouddhiste au Népal, j'ai dormi dans une suite en face des Tours Pétronas en Malaisie, je me suis fait renversé par un scooter à Saïgon, j'ai donné mon sang à l'hôpital des enfants d'Angokor, j'ai battu un Népalais au jeu local de tigres & chèvres, j'ai divagué avec une boisson hallucinogère dans un village de la forêt amazonienne, j'ai nagé seul avec des dauphins au large des côtes brésiliennes, j'ai appris la définition de la liberté extérieure en campervan sur la côte ouest Australienne, j'ai marché avec Santiago pour son pèlerinage anniversaire au Machu Picchu 40 ans après, j'ai dansé au son des cariocas et au rythme de la caipirinha au carnaval brésilien, j'ai décroché un diplôme de Reiki à Katmandou, j'ai apporté de la dynamite et des feuilles de coca à des mineurs à 200 pieds sous terre en Bolivie, j'ai fêté le réveillon de Noël devant des icebergs en Patagonie et dans un Mc Donald's à Kyoto, j'ai caressé des lions & des guépards en Afrique, j'ai mangé des fourmis et un hamster en Equateur, j'ai fêté Mardi-Gras en costume de magicien dans les rues de Tel-Aviv sous les projecteurs des hélicoptères de Tsahal, j'ai traversé à pied la frontière sino-birmane, j'ai pleuré devant les atrocités commises par les Khmers Rouges à la prison S21 de Phnom Penh, j'ai pris une photo de mon aura à Singapour, j'ai dormi 3 nuits dans un hamac sur un bateau qui remontait l'Amazone, j'ai joué au billard avec des Masai dans un bar en Tanzanie, j'ai rencontré un ex-agent de sécurité Suisse reconverti en fervent adepte du Shivaïsme Tantrique à Pushkar en Inde, j'ai vu un homme pleurer au Mur des Lamentations à Jérusalem, j'ai été invité à partager le déjeuner avec des Hindous dans un temple à Goa, j'ai dansé jusqu'au petit matin dans la plus grande discothèque de Tokyo, je me suis abstenu de prononcer un seul mot pendant 48 heures dans un monastère bouddhiste, j'ai passé le nouvel an 2009 dans une soirée mexicaine au Swaziland, j'ai reçu le plus beau sourire d'un gosse à qui j'ai donné mes chaussures au Zimbabwe, je suis allé pêcher aux cormorans avec un local chinois...

Je, je, je... pour réaliser que le plus important, c'est les autres...

samedi 27 décembre 2008

Quelques flocons d'onirisme...

Il y a des moments, quelquefois des jours entiers, ou j'ai besoin de rêver. Non pas que l'existence que je mène ne me satisfasse plus, non plus que je vienne de recevoir une mauvaise nouvelle. La vie elle-même me parait simplement trop étroite que le seul moyen de s'en échapper est l'imagination. Inventer de nouvelles dimensions, des saisons qui n'existent pas, des êtres que l'on ne rencontre que dans ses pensées. Évacuer le temps, les concepts rigides, la notion du devoir. Pour ne conserver que la liberté, celle de penser que tout est possible. Envie que le crayon de coloriage déborde de sa zone pour aller se mélanger aux couleurs alentours. Envie que la personne a qui vous n'avez pas parlé depuis trop longtemps oublie les rancœurs passées et vous dise que vous lui manquez. Envie d'envoyer aux orties ce plan de ville ou toute rue est parallèle a une autre et perpendiculaire a ses consœurs. Pour suivre vos propres pas. Et enrayer du même coup votre propre plan de vie. J'inspire. A la douceur, a la poésie, a l'espérance, a la vie. J'expire. Aux barrières élevées au fil des années par mes éducateurs, a ma société, a ma raison. A moi-même, reflet des précédents. Je laisse mon cœur divaguer, seul, sur les chemins peu empruntés du plaisir pur. Quand la société se délite par fragments. Que faire quand l'ivresse onirique vient frapper a la porte aussi ardemment ? La calmer en allant dormir ? C'est prendre le risque de revenir a soi avec l'âme de bois. Écrire ? C'est ignorer tous ceux qui n'ont pu guérir leur esprit qu'en signant la fin de leur corps. S'exprimer autrement ? Complètement. Mais comment ? Je ne sais pas dessiner, ni peindre, ni sculpter, je n'ai pas de piano sous les doigts. Il reste la photo. Mais même les photos sont trop strictes, les lignes trop parfaites, les contours trop nets, les gens trop figés. A moins de transformer un peu tout ça...

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vendredi 26 décembre 2008

La vie a Tokyo

Étant donné le cout de la vie au Japon (très comparable a Paris, avec quand même les tickets de cinéma a 18 euros ou tout trajet de métro qui atteint rapidement les 3 euros), nous avons pris la décision de rester sur Tokyo-même pendant nos 10 jours. Pas de vagabondage en-dehors des limites de la cité, sous peine de sanction financière immédiate. L'objectif est d'essayer de rencontrer les locaux, de partager quelques fêtes avec eux, de voir comment ils agissent ou réagissent :oD Plus prosaïquement, nous avons pris contact avec quelques Japonaises par l'intermédiaire du site Couchsurfing (site communautaire ou les gens de bonne volonté se proposent de jouer le rôle de guide voire d'hôte dans leur ville), ce qui nous a permis d'être invités a quelques soirées, voire a des vernissages photo. Toujours sympathique...

Et de découvrir légèrement la société japonaise, au moins de quoi se faire une première opinion. Alors qu'en est-il...? De toute évidence, au moins a Tokyo, le travail joue un rôle prépondérant dans leur vie car il conditionne leur statut social. Il est sidérant de voir le nombre de personnes qui dorment dans le métro !! Ils paraissent souvent exténués... Jusque-la, cela correspondait a mon cliché. Une autre idée que j'avais en tête, c'est que le Japon est extrêmement avancé en termes de gadgets et d'électronique. Force est de constater qu'a ce niveau-la, a part les toilettes qui sont vraiment top, avec ce petit robinet qui vient vous nettoyer le derrière, réglage de la force du jet, de son orientation etc..., bon courage quand tout n'est écrit qu'en japonais..., il n'y a pas franchement de décalage avec notre monde.

Les téléphones portables permettent la navigation sur le net mais ils sont tous très "mastoc". Des gros clapets qui prennent pas mal de place et tout le monde a le même !! Cela renvoie a une autre découverte de ce tour du monde, le manque de créativité dans l'ensemble dans le monde asiatique... Ici l'objectif consiste principalement a essayer d'égaler le maitre, mais nulle question de le dépasser, cela engendrerait une difficulté pour ce dernier, qui perdrait alors la face. A ce propos, déjà que notre société est bien ancrée dans les apparences, le Japon la surpasse sans problème. Dans le métro nous avions déjà droit a une affiche représentant un homme complètement ivre, avec l'indication "Faites cela chez vous". Mais celle qui permet de se faire une meilleure idée de ce concept de "conserver la face quoi qu'il advienne" est un peu plus complexe. Encore dans le métro, il s'agit d'un avertissement pour ne pas entrer dans la rame quand la sonnerie survient. Et cela pour deux raisons. Physiquement cela peut être assez douloureux de se faire coincer entre les deux portes. Mais surtout, explique l'affiche, imaginez les regards des autres usagers sur vous a ce moment-la. Personnellement, je trouve ça édifiant...

J'ai l'impression que la société japonaise est ex-trê-me-ment codifiée, et que le regard qu'ils portent sur nous est celui que l'on porterait sur quelqu'un débarquant d'une autre planète. Malgré tous mes efforts, je suis a peu près certain que je les "choque" toutes les 20 secondes, je me sens dans la peau d'un barbare a travers leur regard... Attention, ne comprenez pas qu'ils soient hostiles, ils sont au contraire toujours prêts a rendre service, d'autant plus a un étranger. Si j'étais mauvaise langue, je dirais que cela fait partie de leurs codes, servir son prochain. Aucune panique si vous êtes perdu ou si vous avez besoin d'un renseignement. Leur niveau d'anglais est bien supérieur a ce que j'ai connu en Chine, souvent même en Inde ou encore au Vietnam, et quand vous leur dites que vous êtes français, alors la vous décrochez la timbale !! Mais je ne pense pas qu'il soit possible de se faire accepter dans la société japonaise en étant gaijin. Ou alors au prix d'efforts herculéens...

Une autre idée que j'avais en tête, c'est cette jeunesse qui refuse les codes imposés par leurs parents et leurs ancêtres, une jeunesse rebelle qui bouscule justement toutes les barrières en place. Pas vu. En général les gens sont tous habillés pareil, petite jupe ou mini-short pour les filles, costumes ou pantalon-chemise pour les hommes. Quand ils ont le "droit" de se lâcher, ils le font a leur manière, mais même en boite de nuit les accoutrements ne sont pas spécialement atypiques. Les couleurs dominantes en cet hiver sont le noir et le marron, comme a Paris. Coté distractions, le Pachinko et les jeux videos tiennent le haut du pavé. Le premier est une sorte de flipper vertical ou il faut mettre des petites billes en métal qui suivent leur propre parcours. Le niveau sonore de ces endroits est tout simplement ahurissant... Si Tokyo est une ville qui doit être vraiment agréable a vivre a condition d'avoir suffisamment d'argent, si les Tokyoites sont réellement serviables et aimables vis-a-vis des touristes, je ne m'imagine pas vraiment m'installer ici... Déjà qu'en quelques jours j'ai une profonde envie de révolte qui vient me tourmenter, je n'imagine pas les dégâts en quelques semaines... :oD

Dans l'ensemble, j'ai la désagréable impression que l'individu est sacrifié pour le bonheur de la société. Qu'il soit nécessaire d'imposer des règles pour que tout le monde puisse vivre, j'y consens. Que ces règles soient poussées a interdire Skype dans les cybercafés pour cause de nuisance sonore, alors même que nous sommes dans des box particuliers, je commence a tiquer... Je ne vais pas me placer en héraut du bonheur, mais il me semble qu'ici plus qu'ailleurs il est plus difficile a atteindre. Parce que la politesse est poussée a l'extrême, c'est-a-dire qu'elle n'est plus naturelle (faire 4 courbettes pour dire au-revoir n'est spontané que chez une personne qui a perdu son binocle et qui le cherche ardemment...), parce que les libertés individuelles me paraissent très brimées (juste une impression, je n'ai pas d'arguments précis et je n'ai pas fait de recherche la-dessus), parce que les gens ont l'air de vivre avec une chape de plomb formée par les principes quotidiens qui les empêchent de s'exprimer pleinement. Ce qui engendre un comportement moutonnier excellent pour la société mais moins empreint de sérénité quant a l'individu.

Pour terminer sur ce tableau de la société japonaise, il est assez symptomatique de constater qu'ils ont vécu a l'écart du Monde pendant très longtemps. Leur zone d'influence géographique est plutôt restreinte, et malgré leur seconde position sur l'échiquier économique mondial, quelle est leur influence culturelle ou artistique ? Bien sur qu'il existe des artistes japonais reconnus a l'échelle mondiale... Mais certainement connus uniquement des spécialistes. J'ai parlé de Miyazaki et les fans de mangas vont me trucider en lisant ces lignes. Mais les mangas peuvent-ils être réellement considérés comme un art ? Ok, avec la BD alors, le fameux 9e art... Plus sérieusement, je trouve que c'est encore une société qui vit sur elle-même, et qui n'est pas très ouverte sur l'extérieur. Aucun jugement de valeur dans ce comportement, c'est peut-être une excellente solution, mais en tout cas on sent que cette société est repliée sur elle-même. Avec ses rêves d'occident, en idéalisant Paris et la France par exemple. Et en subissant un sacré contrechoc quand ces fameux touristes japonais débarquent dans notre belle capitale, réalisant que les trottoirs sont sales, que certains quartiers sont mal famés, que toutes les rues ne sentent pas le Chanel numéro 5... Certains parlaient même d'un syndrome japonais tant la commotion était d'importance. La quasi-totalité des affiches présentant des produits de luxe ici mettent en scène des blancs. État des lieux que l'on peut étendre aux autres pays d'Asie, y compris la Chine. Contraste étonnant avec l'Europe. Quant aux écrits en français, que ce soit pour des noms de magasin, des cartes postales, des restaurants, des boulangeries, il y en a en quantité...

Ceci ne représente que quelques premières impressions, et toute personne ayant une connaissance plus personnelle, par ses voyages, rencontres ou autres connaissances, de ce pays, et qui souhaiterait en quelque sorte "réhabiliter l'idéal japonais" est cordialement invité a le faire. Mon objectif n'est pas d'essayer de démontrer une hypothétique supériorité d'une société ou d'une civilisation sur une autre mais d'avoir un œil critique, forcément subjectif, sur les nouveaux endroits visités.

Juste quelques photos sur le vif. La première est une cabine a oxygène... placée dans le métro !! Alors vous vous installez, vous vous relaxez en inspirant des bonnes goulées d'oxygène et vous ressortez pour vous fondre dans la cohue du métro !! Mais vous êtes zen... :oD

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jeudi 25 décembre 2008

Joyeux Noel a tous !

A l'occasion de ce jour particulier, je souhaite juste partager avec vous un texte qui me tient a cœur. Je le crois toujours d'actualité, et peut-être même plus qu'a l'époque tant j'ai l'impression que nous nous échinons a réduire le monde a ce qu'il a de tangible...

En 1897, peu avant Noël, la rédaction du « New York Sun » (premier journal de boulevard du monde) reçut une lettre singulière : Virginia, huit ans, fille du médecin new-yorkais Philipp O’Hanlon, demandait au journal si le père Noël existait vraiment.
« Cher Monsieur le rédacteur, j’ai huit ans. Certains de mes amis prétendent que le père Noël n’existe pas. Papa dit que si le « Sun » l’écrit, ça doit être vrai. S’il vous plaît, dites-moi la vérité : le père Noël existe-t-il vraiment ?
Virginia 0’Hanlon, 115, West 19th Street. »
La réponse du rédacteur Francis P. Church fit la une et son contenu, qui avait profondément touché des milliers de gens, alimenta les conversations de ce jour-là. A l’époque de Noël 1898, des centaines de lettres parvinrent à la rédaction du « Sun », le priant de publier à nouveau la réponse à cette question, ô combien délicate.
Le journal accéda à leurs vœux. C’est ainsi que fut instaurée la tradition de publier chaque année le texte : « Oui, Virginia, le père Noël existe ! ».

***
"Chère Virginia,

Tes petits amis ont tort. Ils sont pris par le scepticisme d’une époque méfiante et ne croient plus que ce qu’ils voient. Ils pensent que ce qu’ils sont incapables de saisir, dans les limites de leur esprit, n’existe pas. Tout esprit humain est étroit, Virginia, qu’il soit adulte ou enfant, cela ne fait aucune différence. Au sein du cosmos, l’homme est comparable à un insecte : une fourmi avec des raisonnements de fourmi face à l’univers incommensurable et à l’Esprit qui, seul, est capable de tout connaître et de tout comprendre.

Oui, Virginia, le père Noël existe. Aussi sûrement que l’amour, la générosité, la fidélité existent. Et tu n’ignores pas que ces sentiments abondent et qu’ils t’offrent la vie de toute sa beauté et sa joie. Comme le monde serait triste si le père Noël n’existait pas et s’il n’y avait pas de petites Virginia. Il n’y aurait alors plus de croyances enfantines, de poésie et de romantisme pour rendre cette vie supportable. Nous n’aurions plus de plaisir que dans les choses que nous pouvons comprendre et saisir avec nos sens. La lumière éternelle que l’enfance projette sur le monde serait à tout jamais éteinte.

Si tu ne crois pas au père Noël, tu pourrais tout aussi bien ne pas croire aux contes. Tu pourrais demander à ton papa d’engager des gens chargés de surveiller toutes les cheminées pour essayer d’attraper le père Noël le soir de sa tournée. Et si aucun d’eux ne voyait le père Noël y descendre, qu’est-ce que ça prouverait ? Si l’on ne voit pas le père Noël, cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas. Les choses essentielles de la vie sont celles que ni les enfants, ni les adultes ne peuvent voir. As-tu jamais vu les lutins danser sur la lande ? Bien sûr que non, mais ça ne prouve rien. Personne n’a le pouvoir de créer ou d’imaginer les miracles intangibles et invisibles qui se produisent de par le monde.

Tu peux casser un hochet pour voir ce qui fait du bruit à l’intérieur. Mais l’univers impalpable est entouré d’un voile qui ne saurait être déchiré par l’homme le plus fort, ni par les efforts conjugués de tous les hommes les plus robustes qui aient jamais vécu. Seuls l’amour, la foi, la fantaisie, la poésie et le romantisme parviennent à soulever un pan de ce voile pour révéler la beauté surnaturelle et les merveilles qu’il cachait. Est-ce que tout cela est vrai ? Virginia… il n’y a rien au monde de plus vrai et de plus durable.

Dieu soit loué, le père Noël existe et existera toujours. Dans des milliers d’années, Virginia, non dans dix fois dix mille ans, il sera toujours là pour réjouir le cœur des enfants.

Oui, Virginia, le père Noël existe !"

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