Si le monde m'était conté...

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jeudi 27 novembre 2008

La Secte des Egoistes

Un petit livre d'Eric-Emmanuel Schmitt qui permet de passer agréablement 2 ou 3 heures selon comment on le déguste... Le livre en lui-même n'est pas véritablement excitant mais il recèle quelques petites perles que j'ai envie de partager avec vous. Pour ce qui est de l'histoire, il s'agit d'un étudiant en thèse qui découvre par hasard l'existence d'un homme du XVIIIe siècle soutenant la philosophie "égoïste" et qui prétend que la vie n'est qu'un songe. Il s'agit d'un thème repris par l'auteur dans d'autres romans, a savoir "la réalité existe-t-elle en dehors de nos perceptions...?"

Pour commencer, une petite définition de l'égoïsme selon ce fameux homme du XVIIIe siècle.
"Égoïsme (terme de philosophie) : on appelle égoïste l'homme qui croit que lui seul existe au monde, le reste n'étant que songe."
Eric-Emmanuel Schmitt, La Secte des Égoïstes

Suivie d'une explication succincte de sa vision, puis d'un monologue plus explicatif (j'ai supprimé les points intermédiaires qui offraient moins d'intérêt).
"Soit que je m'élève jusque dans les nues, soit que je descende dans les abimes, je ne sors point de moi-même, et ce n'est jamais que ma propre pensée que j'aperçois. Donc, le monde n'existe pas en soi, mais en moi. Donc la vie n'est que mon rêve. Donc, je suis a moi seul toute la réalité..."
Eric-Emmanuel Schmitt, La Secte des Égoïstes

"Ce qui est, c'est ce que je vois, touche ou entends, ou ce que je me souviens d'avoir vu, touché, entendu, mais rien d'autre. Ce que nous appelons le monde est la somme de nos sensations. Nous ne connaissons pas le monde lui-même, en lui-même, nous avons chacun un monde senti. (...) Il y a donc autant de mondes que de particuliers. (...) C'est donc le langage qui est en cause que, par commodité, nous parlons d'un monde quand il y en a plusieurs. (...) Le monde n'est que dans nos têtes. (...) Dès lors la matière n'existe pas puisque tout est dans nos esprits. (...) Je ne nie pas qu'il y ait des corps étendus, des odeurs, des couleurs, des saveurs, je ne nie pas qu'il y ait le rugueux, le lisse, le salé, je refuse simplement l'hypothèse d'une matière, cette sorte d'arrière-monde des qualités perçues."
Eric-Emmanuel Schmitt, La Secte des Égoïstes

Ceci est un thème déjà abordé lors des discussions sur le Bouddhisme, a savoir quelle est la nature réelle de tout ce qui nous entoure. De même que lorsque l'on rêve les sensations qui nous sont transmises sont aussi "palpables" que dans la réalité, peut-être avec des nuances (par exemple il est difficile de se souvenir avoir rêvé d'odeurs précises pour la plupart des gens...), pourquoi notre environnement "diurne" aurait-il une existence bien a lui...?

"Comme disait le poète, le monde est-il d'une étoffe réelle, ou bien du tissu dont sont faits les songes ?"
Eric-Emmanuel Schmitt, La Secte des Égoïstes

Et pour conclure, une petite phrase que j'apprécie particulierement, confirmant le style de E-E. Schmitt, élégant mais direct.
"Tous les esprits superficiels, amateurs de profondeurs obscures, applaudirent a tout rompre. Les imbéciles aussi, car ils n'avaient rien compris, manière dont se manifestait ordinairement a eux l'intelligence. Quant aux sages, ils se turent, car on ne discute pas de ce qui n'a pas été prononcé par amour de la vérité, mais par désir de contredire."
Eric-Emmanuel Schmitt, La Secte des Égoïstes

egoisme

lundi 6 octobre 2008

Siddharta

Lors de mon séjour sur cette ile, je suis tombé sur plusieurs livres intéressants dans l'une des petites cabanes en bois qui bordent la plage. Tout un étalage de livres, en anglais et en français, prêts a être échangés contre la modique somme de 1 euro symbolique... De quoi parachever ce petit paradis terrestre. Le livre que je vous propose aujourd'hui est l'histoire de Siddharta, racontée par Herman Hesse, auteur allemand du XXe siècle. Siddharta est le nom du personnage du VIe siècle avant J.C. qui devint le Bouddha. Mais dans le roman de Hesse, il n'est qu'un fils de Brahmane, qui rencontre le Bouddha, et qui décide de ne pas suivre ses préceptes (ce qui résulte en une légère confusion puisque Hesse a choisi de conserver les mêmes noms). Ce roman spirituel, écrit en 1922, propose un chemin vers la plénitude qui s'écarte tout d'abord du renoncement aux réalités du monde, puis de la doctrine du Bouddha, pour trouver son accomplissement dans l'expérience des sens. Herman Hesse trace pour son jeune protégé un parcours semé d'embuches qui lui permettront de trouver sa propre voie, au milieu des ermites, riches marchands ou belles courtisanes. L'auteur en profite pour partager son amour de l'Inde et de l'Orient.

Voici deux citations que je trouve particulièrement percutantes. Le livre dans l'ensemble est un beau roman initiatique, très simple d'accès et relativement formateur.

"L'Orient n'est pas seulement une contrée ou un concept géographique, il est d'abord la patrie de la jeunesse des âmes, le partout et le nulle part, dans l'unification de tous les temps."
Herman Hesse, "Siddharta"

Pour ce passage, Siddharta a décidé, après une vie d'ermite, de s'initier aux jeux de l'amour auprès de Kamala, une belle courtisane. Il a du pour cela trouver un emploi chez un riche marchand de la ville, Kamaswami, afin de s'offrir les services de Kamala. Cette conversation entre Siddharta et Kamala est une sorte de confidence sur l'oreiller, après des travaux pratiques épuisants...

"Tu es comme moi, tu ne ressembles point a la plupart des autres créatures. Tu es Kamala, pas autre chose, et en toi il y a un asile de paix ou tu peux, a ton gré, te réfugier et t'installer en toute commodité, comme je puis le faire en moi-même. Bien peu d'hommes ont cette ressource et cependant tous pourraient l'avoir.
- Tous les hommes ne sont pas intelligents, dit Kamala.
- Non, fit Siddharta, ce n'est pas cela. Kamaswami est aussi intelligent que moi et ne possède pas en lui ce refuge. D'autres le trouvent aussi en eux, qui, pour l'intelligence, ne sont que de petits enfants. Presque toutes les créatures, o Kamala, ressemblent a la feuille qui, en tombant, tournoie dans l'air, vole et chavire en tous sens avant de rouler sur le sol. D'autres au contraire, le petit nombre, ressemblent aux étoiles ; ils suivent une route fixe, aucune bourrasque ne les en fait dévier ; ils portent en eux-mêmes les lois qui les régissent."
Herman Hesse, "Siddharta"

Et une petite derniere bien utile pour clore le chapitre Siddharta.

"Quand on cherche, il arrive facilement que nos yeux ne voient que l'objet de nos recherches ; on ne trouve rien parce qu'ils sont inaccessibles a autre chose, parce qu'on ne songe toujours qu'a cet objet, parce qu'on s'est fixé un but a atteindre et qu'on est entièrement possédé par ce but. Qui dit chercher, dit avoir un but. Mais trouver, c'est être libre, c'est être ouvert a tout, c'est n'avoir aucun but déterminé."

Herman Hesse, "Siddharta"

Hesse - Siddharta

jeudi 2 octobre 2008

La Roue du Temps

Avant de refermer cette parenthèse bouddhiste, une dernière citation provenant d'un livre nommée "Kalachakra: Initiation tantrique du Dalai-Lama." Le Kalachakra, qui signifie "roue du temps" est une déité masculine de méditation du tantra-yoga supérieur, dont la pratique inclut aussi bien l'astronomie, la médecine etc... que le chemin vers la bouddhéité. Le livre est dans l'ensemble très romanesque, sachant que le fameux Kalachakra est un tantra (qui signifie étymologiquement science de l'expansion de la conscience et de la libération de l'énergie ou plus simplement une méthode...) délivré par le Dalai-Lama, apparemment seul récipiendaire, a quelques moines triés sur le volet. Ce tantra avait été transmis par le Bouddha au roi de Shambhala (ville légendaire enserrée dans les montagnes Himalayennes) qui devait le protéger des influences extérieures. Il est l'un des sentiers les plus rapides pour atteindre a l'illumination. Peu de secrets révélés dans ce livre (j'aurais de toute façon été bien incapable de les décrypter), donc je vous propose plutôt une réflexion intéressante sur la segmentation marketing de la religion... :oD

"La parfaite connaissance des hommes est une qualité essentielle des Sages. Selon la tradition tibétaine, il existe trois catégories essentielles chez les êtres humains :
- la catégorie la plus basse : individus préoccupés seulement des choses matérielles et de leur bien-être. Le mieux qu'on puisse attendre d'eux est le désir d'une meilleure existence dans une heureuse renaissance ou dans un paradis divin.
- la seconde classe : les hommes moyens, faibles de volonté mais qu'anime cependant le désir de libération spirituelle, et qui sont attires par les choses divines. Ils recherchent leur propre salut mais l'attrait du monde est encore puissant sur eux.
- la classe la plus élevée : le monde n'a plus d'attrait pour eux, la vie est insipide et ils sont attirés vivement par la méditation et la vie spirituelle."
Jean-Marc Rivière, "Kalachakra: Initiation tantrique du Dalai-Lama

Rieivere - Kalachakra

dimanche 28 septembre 2008

Paroles d'un moine amateur d'alcool

Lors de mon séjour au monastère, j'ai accès a la bibliothèque qui propose de nombreux ouvrages sur le bouddhisme, et dans la langue de Molière s'il vous plait (ce qui permet notamment de s'assurer que l'on a bien compris les paroles du maitre pendant la journée...) L'un de ceux qui m'a le plus captivé vient d'un moine nommé Chogyam Trungpa, notamment reconnu pour avoir apporté les enseignements bouddhistes en Occident. Il nous a été présenté par notre maitre comme porté sur la boisson, a tel point que lors de sa vie aux États-Unis (il est décédé en 1987), un novice l'accompagnait dans ses sorties nocturnes, le précédant lors de la descente des escaliers et le suivant lors de la montée, afin de prévenir toute chute intempestive... Mais n'ayez crainte, le bonhomme était pleinement sobre lors de ses conférences ou de ses classes. Le livre, "Pratique de la voie tibétaine - Au-delà du matérialisme spirituel" est assez difficile d'accès mais une fois plongé dans ces concepts, il est difficile d'en sortir indemne. Il m'est impossible d'en proposer une synthèse sur ce blog, par manque de temps, d'espace mais surtout de recul spirituel et d'intelligence sur ces notions qui sont encore toutes neuves. Voici donc un échantillon des passages qui m'ont le plus "titillé" (je sais, ils sont nombreux...)

Commençons par la vision de Chogyam Trungpa sur notre perception, dont j'ai déjà parlé, exprimé ici de manière un peu plus conceptuelle.
"Généralement, lorsque nous regardons un objet, nous ne nous permettons pas de le voir correctement. Automatiquement, nous voyons notre vision de l'objet au lieu de voir véritablement cet objet tel qu'il est."
Chogyam Trungpa, "Pratique de la voie tibétaine - Au-delà du matérialisme spirituel"

Ce passage est astucieusement complété par la définition de la perception "absolue".
"Si nous tenons un morceau de roche entre nos mains avec cette clarté de perception qui est le contact direct de la pénétration nue, nous ne sentons pas seulement la solidité de cette roche, mais nous commençons aussi a en percevoir les implications spirituelles ; nous en faisons l'expérience comme d'une expression absolue de la solidité et de la majesté de la terre."
Chogyam Trungpa, "Pratique de la voie tibétaine - Au-delà du matérialisme spirituel"

Allons un peu plus profondément dans ce concept de l'illusion, ou plutôt de la réponse bouddhiste, la vacuité (soit dit en passant pour les amateurs de science, nous sommes composes a 99% de vide - rapport au vide qui existe dans les atomes qui nous composent). En sanskrit, le bouddhisme appelle la vacuité Shunyata.
"Shunyata est l'absence complète de concepts ou de filtres de quelque sorte et, même, l'absence de la conceptualisation "la forme est le vide" et "le vide est la forme". Il s'agit de voir le monde de façon directe, sans désirer une "plus haute" conscience, un sens ou une profondeur. C'est juste une perception littéralement directe des choses, comme elles sont dans leur ordre propre. ... Le principe de Shunyata implique que l'on ne prenne appui sur rien, que l'on ne distingue pas entre "ceci" et "cela", que l'on soit suspendu nulle part."
Chogyam Trungpa, "Pratique de la voie tibétaine - Au-delà du matérialisme spirituel"

Pour étayer un tout petit peu cette analyse, voir les choses telles qu'elles sont nécessite de prendre de la distance. En même temps, si l'on est conscient de cette distance, et par conséquent de l'objet et du sujet (les deux "points" formalisant cette distance), cela ne fonctionne pas. Ainsi peut-on voir les choses seulement du milieu de nulle part. Le Bouddhisme applique le concept de vacuité tant a l'objet qu'au sujet (le soi).

La disparition de l'ego, générateur de nos afflictions mentales, est un élément très important sur la voie de l'éveil, ou tout simplement sur le chemin du bonheur. Certains courants préconisent une disparition complète de cet ego, d'autres un apprivoisement progressif (cas des spiritualistes modernes tel que Eckhart Tolle), d'autres encore la transmutation des énergies négatives de cet ego en énergies positives (courant tantrique).
"Il se peut qu'il nous arrive de percevoir l'absence de l'ego d'un seul coup d'œil. Mais nous n'accepterions pas une vérité aussi simple. En d'autres termes, il nous faut apprendre a désapprendre. L'ensemble du processus consiste a défaire l'ego. On commence par apprendre a traiter les pensées névrotiques et les émotions. Puis, les concepts erronés sont balayes par la compréhension de la vacuité, de l'ouverture. C'est l'expérience de Shunyata."
Chogyam Trungpa, "Pratique de la voie tibétaine - Au-delà du matérialisme spirituel"

Voici deux passages qui détaillent la vision de la pratique tantrique quant a l'ego.
"La fonction de la pratique tantrique est de transmuter l'ego, de rendre l'intelligence primordiale capable de percer et de briller."
Chogyam Trungpa, "Pratique de la voie tibétaine - Au-delà du matérialisme spirituel"

"Dans la tradition tantrique, on ne parle pas du tout d'aller au-delà de l'ego : c'est une attitude trop dualiste. Le Tantra est beaucoup plus précis que cela. Il n'est pas question d'"aller la" ou d'"être la" ; la tradition tantrique parle d'être ici. Elle parle de transmutation, et recourt abondamment a l'analogie avec la partie alchimique. Par exemple, l'existence du plomb n'est pas rejetée, mais le plomb est transmuté en or. On n'a pas du tout a changer sa qualité métallique ; il faut simplement le transmuter."
Chogyam Trungpa, "Pratique de la voie tibétaine - Au-delà du matérialisme spirituel"

Voici un passage relatif au Tantra. En quelques mots, le Tantrisme est un courant hindouiste a l'origine qui s'est développé également dans le bouddhisme, proposant un chemin plus rapide et plus complexe pour atteindre l'éveil. Selon notre maitre, "Following the Tantra is like licking honey on the edge of a sharp knife" ("Suivre les enseignements du Tantra revient a lécher du miel sur la lame effilée d'un couteau").
"Le Tantra a pour fonction de transformer tous les plaisirs en une expérience transcendantale de conscience pénétrante et profonde. Au lieu de préconiser une séparation d'avec les plaisirs de ce monde comme le font beaucoup d'autres traditions, le tantra souligne qu'il est bien plus efficace de profiter des plaisirs tout en canalisant leur énergie sur le chemin puissant et rapide vers l'accomplissement et l'illumination."
Chogyam Trungpa, "Pratique de la voie tibétaine - Au-delà du matérialisme spirituel"

Et un autre passage, reliant les notions de Shunyata, Samsara et Nirvana (non pas le paradis mais un certain état d'éveil) au Tantra.
"Nous sommes confrontés aux pensées, aux émotions et aux énergies de nos relations avec les autres et le monde. Comment allons-nous relier notre compréhension de Shunyata aux événements quotidiens, a moins de reconnaitre l'aspect énergétique de la vie ? Si nous ne pouvons danser avec les énergies de la vie, nous ne serons pas capables de nous servir de notre expérience de Shunyata pour unir Samsara et Nirvana. Le Tantra enseigne a ne pas supprimer ni détruire l'énergie, mais a la transmuter ; en d'autres termes, aller dans la structure de l'énergie."
Chogyam Trungpa, "Pratique de la voie tibétaine - Au-delà du matérialisme spirituel"

Pour clore cette parenthèse sur le Tantra, cette pratique a une connotation sexuelle en Occident. Celle-ci n'est pas justifiée, si ce n'est qu'une fois arrivé a un stade extrêmement avancé, deux pratiquants peuvent alors unir leurs énergies respectives. Sauf que le plaisir ressenti n'a rien de commun avec celui d'une union sexuelle classique, et que c'est a priori l'énergie de la femme qui pénètre l'homme... :oD

Et pour terminer sur les paroles de Chogyam Trungpa, un passage plus poétique et cette fois directement accessible.
"Dans les enseignements bouddhistes, le symbole de la compassion est une lune brillant dans le ciel, et son image, reflétée dans une centaine de bols emplis d'eau. La lune ne se demande pas : "Si tu t'ouvres a moi, je te ferai la faveur de répandre ma clarté sur toi", la lune brille, simplement."
Chogyam Trungpa, "Pratique de la voie tibétaine - Au-delà du matérialisme spirituel"

Voie Tibetaine - Chogyam Trungpa

samedi 20 septembre 2008

De l'autre coté du miroir, les capacités sensorielles

Au hasard des différentes librairies d'occasion rencontrées, je suis tombé sur ce livre, "Le Cinquième Rêve. Le dauphin, l'homme, l'évolution.", de Patrice van Eersel (a l'époque inconnu au bataillon). Origines de l'homme, étude des cétacés, le darwinisme et l'évolution des espèces... De quoi alimenter mes propres réflexions sur ces sujets-la. Il s'avère finalement que ce livre est un peu décevant (si j'en avais une attente quelconque), en mélangeant des anecdotes et des recherches, sans fil rouge vraiment précis. Un peu comme pour "Le Matin des Magiciens", les histoires en elles-mêmes sont intéressantes, sans pouvoir parfois les relier a une thèse précise. A la différence du livre sus-cité, très peu d'ésotérisme dans les écrits de Patrice van Eersel, au plus quelques légendes facilement identifiables. Ce monsieur est d'ailleurs français, et actuellement rédacteur en chef du magazines Nouvelles Clés, un trimestriel proche des valeurs spirituelles. Voila pour le contexte, et l'auteur annonce la couleur des sa citation d'introduction.

"Tu soupires, Pinocchio, impatient d'intégrer Jiminy a ton monde intérieur ? Ne pleure pas, voila que s'achève, dans la fureur mais inéluctablement, l'age des religions. Ne te crois pas achevé pour autant, sans fin est le processus d'intériorisation."
Patrice van Eersel, Le Cinquième Rêve

Le livre parle surtout des dauphins, orques et baleines, des études effectuées sur ces cétacés (absolument passionnantes pour certaines) et des diverses conclusions auxquelles on peut arriver sur l'évolution des espèces. Pourtant l'une de mes citations préférées ne concerne pas ce sujet, mais les capacités de l'homme. Ce passage prêtera a sourire pas mal d'entre vous mais personnellement, je le trouve pertinent. En abordant le sujet des "capacités sensorielles", l'auteur ne verse pas, comme beaucoup d'autres, dans la science-fiction et, de mon point de vue encore une fois, reste pragmatique. Libre a vous de me dire ce que vous en pensez, les commentaires sont la pour ça. Mais voici le passage en question.

"Nous aurions tous, potentiellement, toutes sortes de capacités sensorielles subtiles, appelées "extra-sensorielles" par ceux qui ne les possèdent plus. Capacité a voir les champs bioénergétiques (ou auras), capacité a apercevoir a distance les états intérieurs, émotionnels, des autres (hommes, animaux, plantes), capacité a communiquer par la pensée, capacité a utiliser notre propre énergie vitale pour soigner, recharger, éveiller autrui, capacité artistique a créer, c'est-a-dire saisir intuitivement les inspirations supérieures, capacité même a s'échapper de l'espace-temps, a "remonter le cours des vies antérieures", a communiquer avec tout un monde invisible jusque-la..."
Patrice van Eersel, Le Cinquième Rêve

Pour rajouter une petite note personnelle, j'ai rencontré quelqu'un qui arrive effectivement a voir les auras des personnes qu'elle rencontre. Tout le monde connait des artistes et leur "sensibilité exacerbée". La télépathie est peut-être plus délicate a intégrer, a chacun de déterminer s'il peut y croire ou pas. Aujourd'hui je n'en suis pas convaincu... La communication avec le monde invisible m'est encore plus pénible a envisager. Étant ado, je connaissais des personnes qui "faisaient tourner les tables" et appelaient les esprits. Malheureusement, mon scepticisme de l'époque annihilait toute communication et j'étais donc refoulé allègrement avant chaque nouvelle tentative :oD Les médiums sont censés avoir cette capacité. Quant a l'espace-temps et remonter le cours des vies antérieures, il renvoie a un concept de conscience éternelle, exprimé par exemple a travers la réincarnation. A-t-on (notre esprit, conscience, âme...) vécu effectivement d'autres vies ? A ce sujet, j'ai entendu des témoignages troublants mais qui n'ont jamais valeur de preuves... Il existe des livres également, mais que valent réellement leurs auteurs...?

Le Cinquieme reve

vendredi 12 septembre 2008

Une autre maniere de s'exprimer

Au cours de mes lectures diverses et variées, je suis tombé sur un livre plutôt détonnant. Il s'agit du "Matin des Magiciens", écrit par Louis Pauwels (journaliste et écrivain, bien versé dans la spiritualité) et Jacques Bergier (ingénieur chimiste fasciné par le mystère et les phénomènes inexpliqués). Cet ouvrage, assez volumineux, se veut le manifeste du réalisme fantastique. Il s'agit la d'un courant de pensée qui a vocation a étudier tous les domaines délaissés par la science, tels que les phénomènes paranormaux, les sciences occultes, les civilisations disparues, les religions, l'ésotérisme, l'alchimie, les OVNI etc... Comme vous pouvez le comprendre, il y a, selon l'expression consacrée, a boire et a manger dans ce roman qui mélange allègrement certaines vérités scientifiques avec les thèses les plus farfelues et controversées. Il n'est pas question ici de me montrer particulièrement sceptique au sujet des différentes idées soutenues dans ce livre, ni de les proclamer comme les nouvelles vérités absolues. Un peu comme pour le Da Vinci Code, c'est a chacun de faire la part du vrai et du faux, selon ses connaissances, ses croyances personnelles ou tout simplement son humeur du jour :oD

Il n'en reste pas moins que certains passages sont fort instructifs et éducatifs. Il en va notamment de celui que je vous propose, qui concerne les Indiens Hopi. Petite précision pour une fidèle lectrice, cette tribu utilise la langue hopi, qui fait partie des langues uto-aztèques. Voici le passage en question, que je trouve très poétique...

"Dans le langage des Indiens Hopi de l'Amérique Centrale, les mots-événements possèdent trois modes : certitude, probabilité, imagination. Les trois combinaisons sont utilisées selon qu'il s'agit d'un fait observé par le narrateur, rapporté par autrui, ou rêvé."
Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le Matin des Magiciens

Je ne résiste pas a la tentation de vous en proposer une autre, beaucoup plus sujet a polémique, donc a réflexion :oD Celle-ci met en question le niveau d'avancement des sciences les unes par rapport aux autres, si elles peuvent être complémentaires un jour ou l'autre.

"Les sciences humaines ont moins progressé que les sciences physiques et chimiques. L'anthropologie attend son Copernic."
Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le Matin des Magiciens

En voici une autre qui corrobore celle de Jean Jaures exprimée précédemment.

"Si les hommes n'ont pas pour unique objet le passage dans l'état d'éveil, c'est que les difficultés de la vie en société, la poursuite des moyens matériels d'existence ne leur laissent pas le loisir d'une telle préoccupation."
Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le Matin des Magiciens

Et une dernière, beaucoup plus poétique, sur le thé. La légende raconte que Bodhidharma, moine bouddhiste qui vécut quelques centaines d'années après le Bouddha, fondateur de la branche Zen au Japon ou encore du kung-fu au monastère shaolin, se trouvait en pleine méditation quand ses yeux se fermèrent et il s'endormit. Considérant cela comme le pire des péchés et afin d'éviter qu'il ne se reproduise, il décida de se couper les paupières. En tombant, celles-ci donnèrent naissance a deux plants de thé.

"Le thé, issu des paupières de Bodhidharma, fondateur du bouddhisme Zen, protège contre le sommeil mais surtout représente la fleur qui symbolise le désir des sages de se maintenir en éveil, et c'est pourquoi, dit-on, "le gout du thé et le gout du Zen sont semblables"."
Louis Pauwels et Jacques Bergier, Le Matin des Magiciens

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vendredi 5 septembre 2008

Un peu de spiritualité...

Tant que nous sommes dans la spiritualité dans les environs de Pushkar, une petite citation apparue au gré de mes lectures.

"Ce n'est pas le souci du progrès matériel qui détourne l'homme des hautes pensées et de la méditation des choses divines, c'est l'épuisement du labeur inhumain qui ne laisse pas, a la plupart des hommes, la force de penser ni celle même de sentir la vie."
Jean Jaurès

dimanche 31 août 2008

De l'apologie du voyage

Je viens de conclure la première partie de mon voyage en Inde. Adieu Inde du Sud, bienvenue Inde du Nord ! Mais avant de passer aux péripéties de l'autre moitié de ce pays, je voulais partager deux citations d'Aldous Huxley (encore lui...), issues de son livre Tour du Monde d'un sceptique (1927). Le livre en lui-même n'est pas passionnant, Huxley parcourant une grande partie de l'Asie de réception en cérémonie, a la découverte d'une culture différente. Il en subsiste toutefois quelques phrases-clés dont je partage forcément l'esprit.

"Tout homme disposant d'un peu de loisir et d'assez d'argent pour prendre un billet de chemin de fer, voire tout homme capable de lire, a le pouvoir de se magnifier lui-même, de multiplier sa propre existence, de rendre sa vie pleine, significative et intéressante. Or, pour quelque raison inexplicable, beaucoup d'entre nous préfèrent employer leurs loisirs et leur surplus de force a s'appliquer a tuer le temps de façon couteuse et inintelligente."
Aldous Huxley, Tour du Monde d'un sceptique

"Voyager, c'est découvrir que tout le monde a tort. Les philosophies, les civilisations qui, de loin, vous semblent bien supérieures a la votre, vues de près, sont toutes, a leur façon, aussi désespérément imparfaite. Apprendre cela - et cela ne s'apprend qu'en voyageant - mérite, il me semble, toute la peine, toute l'absence de bien-être, et tous les frais d'un tour du monde."
Aldous Huxley, Tour du Monde d'un sceptique

Huxley - Tour du monde d'un sceptique

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