J’ai rendez-vous à 14h30 ce jeudi, pour une émission en direct à 15h19. J’arrive à pied en bas du bâtiment imposant de la Maison de la Radio. Quelques jours auparavant, Ingrid, chroniqueuse sur France-Infos, m’a appelé, proposé de participer à son émission. J’ai accepté, avec une petite inquiétude : l’interview se passe en direct. Ingrid m’avait alors rappelé un peu plus tard, pour cadrer le contenu. Et me voilà maintenant à 30 minutes (je suis en retard…) de ce rendez-vous qui m’excite par sa nouveauté mais dont l’inconnu me paralyse un peu… J’ai rédigé un squelette rapide de mon intervention, au cas où mes neurones décideraient d’une grève impromptue. Je prends l’ascenseur, Ingrid m’accueille au 8e étage. Celui de France-Infos. Très agréable, soucieuse de son prochain, elle m’emmène visiter quelques bureaux. Voici l’open space des sports. Vide. Puis l’open space des chroniques. Un peu moins vide. Elle est visiblement heureuse d’être là, de travailler à la radio, d’avoir sa propre chronique. Je ne l’imagine pas exercer un métier qui ne lui plairait pas. Puis elle s’interrompt. On est en face du studio. Nous pénétrons dans le « backstage », là où se trouve la console de montage, certainement un ingénieur du son et les gens chargés de donner la parole au direct ou d’envoyer des reportages enregistrés. Le direct. L’appréhension revient en force. De l’autre côté de la vitre, la table et les micros d’où les journalistes et les invités interviennent. Ingrid sourit et me montre du doigt un siège un peu séparé des autres. « C’est là que tu t’assoieras pour la chronique ». Le siège paraît confortable et pourtant c’est un sentiment de malaise qui prédomine. Au-dessus de la vitre, une horloge électronique rouge égrène les minutes. J’ai l’impression qu’elle me tyrannise, qu’elle est incapable de comprendre mon appréhension et que quoi qu’il arrive elle ne ralentira jamais sa marche en avant inéluctable. Il est 15h15, plus que 4 minutes. J’écoute à peine le reportage dont les auditeurs profitent dans leur voiture ou chez eux. Une journaliste passe en coup de vent, Ingrid lui confie qu’elle a le trac. Et moi alors, tu y penses avant d’inviter de parfaits inconnus à venir participer à cette aventure ?? 15h17, le chef du backstage nous indique que l’on peut rejoindre le studio, que l’on peut passer de l’autre côté de la vitre. La journaliste en poste à cette heure-ci, Laurence Jousserandot, nous accueille avec un sourire sincère. Je vais m’installer docilement au siège que j’ai dévoré du regard pendant quatre longues minutes quand j’étais encore à l’abri. A ma droite se trouvent Ingrid et Laurence, en face de moi un micro, et un casque. Il m’est conseillé de le laisser de côté (apparemment c’est mieux pour les débutants, afin d’éviter d’entendre sa voix). Je déplie mes anti-sèches devant moi, quand j’entends Laurence introduire la chronique « Voyage, voyage ». Une grande respiration. Se focaliser sur la discussion avec Ingrid, oublier tout ce que mes pensées peuvent m’envoyer pour me déstabiliser. Le nombre d’auditeurs. Ou ceux en particulier qui vont m’écouter en direct. Mes mains tremblotent. La première question vient, je lance une réponse. Je reste concentré sur Ingrid, qui hoche la tête avec un grand sourire qui me fait beaucoup de bien. Laurence paraît également intéressée par l’Afrique du Sud, ce qui m’aide à me remettre dans la conversation. Tout s’enchaîne rapidement. Le baz bus. Le parc Kruger. Les big 5. Interrogation commune de mes interlocuteurs. Oui, il est relativement facile de repérer ces animaux. Puis Hogsback. Tolkien. Le labyrinthe. Fin des cinq minutes. Mais attendez, j’ai encore plein de choses à dire…
Voici le podcast de l'émission du 29 janvier :



























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